Pour ma première fois je publie un article qui parle de mon parcours personnel dans l’espoir de toucher plus d’un et de permettre à des êtres comme moi d’affirmer ce qu’ils sont. Ce thème « Acceptation de soi » est assez vaste donc soufflez que cet article soit un peu long à vos yeux. Asseyez vous tranquillement, prenez vos pop corns et suivez-moi.

Je suis rentrée dans ce pays, la France, avec pleins de rêves, des idées, des imaginations débordantes les unes des autres. Je me suis faite une amie. Pourquoi une seule ? Avant j’étais extrêmement timide, je ne pouvais pas aller vers les autres et cela m’était encore plus difficile car en intégrant ma première classe de Collège et en évoluant dans le secondaire, j’ai toujours sentie une dichotomie entre les autres et moi( les enfants nés ici). Ma meilleure amie était une française,  « yovo » comme nous aimons le dire. C’est la seule qui s’est rapprochée de moi et avec qui j’ai tissée une relation allant au-delà de l’amitié. Mes souvenirs du collège sont assez misérables entre mes “frères” et “sœurs” noires qui se moquaient de mon “blédardisme” et du fait que j’étais une “intello”. Ah voilà mon “blédardisme” qui se manifestait par ma peau noire et mon accent de “blédarde”. Je ne recevais que des moqueries. J’en suis arrivée à maudire cette couleur de peau, cet accent et ces cheveux crépus. Je me suis mise à me défriser chose que ma mère détestait, je voulais absolument m’éclaircir et je voulais surtout “choco”, (parler comme les blancs). Mais je n’y arrivais pas. Ma couleur de peau restait toujours aussi sombre, mon accent persistait et mes cheveux gardaient leur boucle. Arrrffff j’étais au bord du gouffre. Pourtant ma meilleure amie me réconfortait par ces mots tendres et ces conseils de rester moi et de ne pas vouloir changer pour les autres. Je lui disais “OK” tout en pensant au fond de moi qu’elle ne pouvait comprendre parce qu’elle avait tout. Cette période de ma vie a été encore plus difficile car je vivais dans un contexte ou le monde autour de moi n’avait pas beaucoup de valeurs.

Là je rentrerai dans une des parties les plus douloureuses de ma vie. J’ai envie d’aborder ce sujet car je trouve ça important pour des personnes comme moi, ayant vécue cela, de pouvoir partager avec les autres notre expérience et notre évolution. La dernière fois j’étais à une réunion avec des filles et femmes victimes du viol. Le viol, voilà l’acte qui a fait parti de mon quotidien pendant quatre ans. Le silence était la règle d’or et le combat de ma conscience était mon arme. Cette étape de ma vie a bien réussi pour un temps à rompre en moi toute entreprise de relation avec un homme et avec le monde en général. Je me suis en partie recroquevillée sur moi même en me renfermant davantage dans un monde que je me suis créée pour fuir ces périodes de mon quotidien. Passons seulement, et par la “grâce de Dieu” j’ai pu retrouver une paix et une sérénité en changeant d’habitation. La paix, voilà le mot qui me définit depuis le jour où j’en ai fini avec cette période sombre de ma vie. Rentrer dans une bataille judiciaire n’était pas trop mon délire, je laisse le temps et la conscience me faire vengeance. Pourquoi tout ceci ? Pour dire à toutes ces jeunes filles ou femmes victimes de viol, l’étape la plus difficile de notre vie est notre reconstruction. Ce chemin devient notre bataille faisant de nous des amazones de tous les jours jusqu’à ce que nous mourions. Dans ma tête je me dis toujours, il a voulu me détruire, ma plus belle revanche est qu’il me voit me reconstruire et devenir celle que je veux être. Donc mes amazones à nous de nous battre même si rien n’efface les scènes de notre mémoire, faisons d’une situation difficile uneraison de nous mener à notre quête de soi.

Voilà passer l’étape de la douleur, une étape qui a bien failli m’enfoncer dans ce que j’ai définit à une époque comme la haine de moi. Me voici au lycée, avec de nouvelles rencontres. L’internat a joué un grand rôle dans mon affirmation, j’y ai rencontré mes frères et sœurs d’aujourd’hui. J’ai petit à petit brisé la glace de la timidité. J’étais à la recherche de celle que je voulais devenir. Même si niveau style ce n’était pas trop ça. J’étais surtout à la recherche de moi. Une personne y a beaucoup contribué sans s’en rendre compte, je nomme Irwin. Mon “bro”, ce béninois que j’ai rencontré, un des hommes les plus insolents, fier de sa peau, de son Danhome et de sa communauté. En trainant avec lui de conférence en conférence, je me suis réappropriée mon histoire, mes origines, j’ai découvert ma communauté, j’ai assumé mon appartenance à ce peuple. Je pouvais parler le fon sans problème avec tout l’accent qui va avec et Irwin “kiffait” ça. Je commençais à prendre du poids et je suis passée d’une enfant maigre à une enfant ronde, les petites moqueries dans la famille n’arrangeaient pas mon cas et je ne savais pas comment leur expliquer que j’étais entrain de changer, que j’étais entrain de reprendre gout à la vie, que j’étais finalement à la recherche de mon bonheur. J’ai aussi commencé à trainer sur internet, j’y ai découvert une blogeuse géniale Vanoue. J’ai eu le coup de foudre, son blog m’a énormément aidé dans ma démarche. Je ne suis pas née ronde. Je le suis devenue et je l’ai acceptée. Je peux perdre du poids comme ça m’arrive souvent, mais je ne peux m’imaginer sans ces rondeurs qui m’ont permis de renouer avec moi. Donc je disais, le blog de Vanoue m’a permis d’assumer ce choix, de me dire tu es ronde et belle, et de me trouver enfin de quoi porter. En plus de Vanoue, le lycée était la période de résurrection des cheveux naturels, ahahahah je pense que tout synchronisait avec mon contexte. Je voyais les sœurs avec la peau aussi noire que moi qui brillait et qui portait leur cheveu divinement bien en donnant des conseils. Et là, j’ai renoué avec Ariane, je suis passée d’une haine de moi à un amour de moi. Je suis ronde, joufflue, j’ai les cheveux noirs et toujours mon accent de fond béninois. Là-dedans, la France y a été pour grande chose je l’avoue. Quand je sortais, les gens me disaient qu’ils aiment mon teint noir,  et je ne pouvais qu’être fière de ce que je suis vraiment. Pendant trois ans j’ai du me travailler et je l’ai fait à l’aide de ma famille qui a toujours été là malgré leur petite moquerie sur le fait que je grossissais. Je voyais derrière moi ces malheureuses années de souffrance où je me rejetais complètement.

Le BAC en poche, me voici dans le supérieur. Ah ! Quand j’ai eu le BAC avec mention, tchiéééé, j’ai vu toute ma famille faire la fête de Paris jusqu’à Cotonou en passant par le Canada, le Sénégal et le Ghana. Tout le monde était fier. Et moi aussi j’étais fière de moi, fière de ce que j’étais entrain de devenir. Le seul à l’avoir remarqué ce changement dans ma vie est mon confident number one mon frère Tognon. Un jour, il m’a écrit ceci “Je suis fier de ton parcours.” Me voilà dans le supérieur chez les grands. Je me suis aimée véritablement le jour de mes 18ans. Je me suis sentie et vue comme une femme. Désormais ce monde était à ma portée. J’ai eu ma première séance photo à cet âge. Eh Dieu ! Je ne saurais dire quel bien fou cette séance m’avait fait. Je m’aime, je suis Ariane, une femme ronde, noire, avec les cheveux crépus et qui est belle. J’ai commencé à sortir avec des garçons, à m’habiller sexy, à me maquiller de temps en temps ( je ne suis pas fan du maquillage j’aime me sentir libre au niveau de mon visage). A force de faire des exposés et des entretiens pour des stages ou du travail, ma timidité a complètement disparu. Quand j’ai des heures de trou, je surfe sur internet pour regarder les blogs, mes coups de cœur restent Vanoue, Bestofd, Thacrunch.

Je suis à l’aube de mes 21 ans et je me dis quel chemin parcouru depuis mes 10 ans. J’avance seulement, je marche, je mène la vie que je veux, je teste tout, je prends des risques de fou et j’aime ça. J’aime ce que la “blédarde” est devenue, une petite femme courant de gauche à droite pour défendre son rêve, ses idées, son Afrique et pour partager ce qui représente le cœur de son existence… l’Amour !

“Nos pensées au sujet de ce que nous sommes et de ce que nous
pouvons être, déterminent précisément ce que nous pouvons être”

Par : Viwiwee / https://viwiwee.tumblr.com/

PARTAGEZ
Article précédentNyakim Gatwech, The Queen Of Dark
Article suivantHafsat Abiola A La Tête De Women In Africa (WIA) Initiative
Divinely High Level
Divinely High Level est un média axé sur la vie et la promotion de LA FEMME ainsi sur ses actions et initiatives. Et cela, sans distinction de couleur de peau, ni d’âge, ni de classe sociale. Toutes les femmes sont des guerrières car elles font preuve de bravoure au quotidien tant dans leur travail que dans leurs études et notamment dans leur rôle de mère et de femme. Valoriser le courage de la femme universelle est notre pensée, cette plateforme est mise en place, en vue de redonner de la force, de la motivation et de l’espoir à toutes ces femmes et jeunes filles accablées par la vie afin qu’elles se réveillent et prennent conscience de leur potentiel naturel. Par une femme pour les femmes. We Are The Warriors

LAISSER UNE REPONSE

Entrez votre commentaire ici
Entrez votre prénom ici SVP